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Henri Liénard de Saint-Delis est né le 4 avril 1878 à Marconne dans le Pas de Calais. Au Lycée du Havre, lors de leurs études secondaires, le professeur de dessin relève les talents peu communs des frères de Saint-Delis et d'Othon Friesz. Le passage de Henri à l'École Municipale des Beaux Arts du Havre sous l'autorité clémente et éclairée de Charles Lhullier le marquera bien plus que son séjour inassidu à l'Académie Jullian de Paris. Il revient d'ailleurs le plus souvent possible au Havre pour y peindre les bassins, les quais et les jetées à toutes les heures du jour.
Sa personnalité indépendante fait qu'il n'adhère pas intégralement au fauvisme. Malgré l'effet d'entraînement de Dufy, Friesz et Marquet, il cherche un art de synthèse et crée une écriture propre, fauve, baroque et poétique. En 1908, sa santé le conduit à Leysin en Suisse ; son non-conformisme de style se trouvera renforcé par ce nécessaire isolement. Il donnera surtout durant cette longue période d'exil - qui durera jusqu'en 1920 - des neiges d'une rare authenticité.

La Dent du Midi (Suisse)
À son retour, il se fixe à Honfleur, se consacrant à la peinture et surtout à l'aquarelle, dans le cadre d'une vie plutôt ascétique. Il représente inlassablement le Vieux Bassin et la Côte de Grâce, l'estuaire et les bateaux, la plage et les fêtes, des tempêtes furieuses et des natures mortes sereines, avec - chaque fois qu'il le peut - des drapeaux colorés. Il compte quelques amis peintres : Othon Friesz qui est revenu à Honfleur, Henri Malançon, Raymond Bigot et Paul Élie Gernez ; il a aussi une petite cohorte de fidèles élèves.
Les privations de la guerre finiront de l'épuiser et sa production des dernières années est assez piètre. Lors des bombardements du Havre, une partie non négligeable de son œuvre est détruite, ce qui l'affecte considérablement. Il s'éteint à Honfleur le 15 novembre 1949.
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